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Nécrologie 17.03.2021

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Nécrologie : Julien-François Zbinden

Dans sa 104e année, Julien-François Zbinden (dites JFZ) a pris congé du « Jazzgang » – son cercle d’amis dont j’ai la chance de faire partie, tous fanas (ou fadas ?) du jazz, qu’il rencontrait régulièrement jusqu’il y a peu, mais aussi de toutes les admiratrices et admirateurs de ses multiples talents de compositeur, pianiste, homme de lettres et de radio.

Engagé dans les années 40 par la « Radio Lausanne » d’alors en qualité de pianiste à tout faire, JFZ y avait accompagné les artistes les plus divers tels Juliette Gréco, Bourvil, Joséphine Baker et Django Reinhardt. Devenu régisseur musical, puis nommé Chef du service musical de la Radio Suisse romande, il côtoiera des célébrités tels Igor Stravinsky, Francis Poulenc, Darius Milhaud, Louis Armstrong, Coleman Hawkins et Django Reinhardt, et permettra la création de nombreuses émissions-phares et d’orchestres-maison divers, de tous les genres musicaux, le jazz en particulier,

Mais c’est surtout le compositeur Zbinden qui s’est fait une renommée mondiale à travers les 111 opus qu’il a écrits dans les genres les plus divers, oratorios, pièces vocales et instrumentales, symphonies, concertos, musiques radiophoniques et de scène, pour la plupart éditées par son ami de longue date Jean-Pierre Mathez, et qui sont régulièrement enregistrés et interprétés en concerts dans le monde entier.

Enfin, un souvenir qui nous touche de plus près et restera gravé dans nos mémoires : en automne 2018, Julien-François – alors âgé de 100 ans – était venu écouter mon big band, le MJBB, à Châtel-Saint-Denis ; et, après l’entr’acte, à l'invitation de son confident Yvan Ischer, il s’était joint à l’orchestre sur scène, le temps d’un blues torride dont il avait le secret et sur lequel il s’est prêté à une dynamique improvisation dans le plus pur style du pianiste Teddy Wilson (à noter qu’il nous avait confié, après le concert, que c’était sa première expérience en big band… comme quoi le proverbe «tout vient à point à qui sait attendre» – reste en l’occurrence plus vrai que jamais !).

Texte et photos : Max Jendly